Thìlbià
Les Thìlbià (singulier Thìlbuù), statuettes anthropomorphiques sont dédiées aux aïeux maternels. Celles de grandes tailles, les Thìlbià kõtína, hébergent les doubles d'ancêtres, en général des personnes importantes et puissantes, mortes âgées, des grands pères ou grands mères ayant réussi socialement leurs vies ; ayant vécu de manière méritoire aux yeux des hommes et des ancêtres, étant mort en paix avec eux et qui possédaient elles mêmes de nombreux Thìlbià.
Ainsi chaque statue Thìlbuù est le réceptacle d’un Thíl , manifestation de la puissance d'un double (thuú). Ce sont des médiateurs entre les hommes et Thãgbá (Dieu). Cette statue se doit d'être belle, afin de l'honorer. Elle est placée, parmi d'autres, dans le Thìlduù, pièce sacrée de la maison (sukala) qu’un homme ne peut aménager qu’après la mort de son père, afin de rendre un culte aux ancêtres maternels veillant sur sa descendance.
Le possesseur du Thìlbuù devra veiller ensuite à son bien être et le nourrir au moyen de sacrifices d'animaux: poussins, poulets, chèvres, moutons, bœufs, antilopes, selon les besoins et les résultats escomptés. Le sang versée sur ces Thìlbià, lors des nombreux sacrifices, engendre au fil du temps une patine sacrificielle plus ou moins épaisse.
Elles devront être servies et honorées et exigent le respect des interdits qu'elles prescrivent, comme l'interdiction de manger ou chasser certains types d'animaux. Elles peuvent demander l’organisation d’une fête d’initiation, un Buùr. Ces exigences ne peuvent être récusées sous peine de maladie ou de mort, pour la personne ou un membre de sa famille.
Leurs formes sont simples, elles sont représentées par une statue debout les jambes fléchies et les bras le long du corps.
Lobi femme. Coiffure Yuú-jimàni.
Cette sculpture en bois (Thìlbuù kõtína), recouverte d'une patine sacrificielle, mesure 92 cm de hauteur.
Elle a été collectée dans la région de Gaoua au Burkina Faso.
Ancienne collection Christophe Vidal.
Yuú-jimàni : signifiant « la tête qui commande », coiffure très sophistiquée, composée à la fois d’une crête centrale nettement individualisée, se terminant en queue, et de fines tresses rassemblées vers le haut de la nuque pour former une sorte de katogan. Daniela Bognolo Lobi 2007.
Lobi homme.
Coiffure Yuú-jimàni.
Cette sculpture en bois (Thìlbuù kõtína), recouverte d'une patine sacrificielle, mesure 78 cm de hauteur. Elle porte à son cou une clochette en bronze, un Gyéléni.
À ce sujet Binaté Kambou explique, qu'un des habitants du
village, un enfant probablement, devait porter exactement la même.
Elle a été collectée dans la région de Gaoua au Burkina Faso. Ainsi que la précédente formant un couple.
Ancienne collection Christophe Vidal.
Lobi femme avec labret
Cette sculpture (Thìlbuù kõtína) en bois très dense, recouverte d'une patine sacrificielle, mesure 70 cm de hauteur.
Elle a été collectée dans la région de Gaoua au Burkina Faso.
Ancienne collection Christophe Vidal.
Lobi femme.
Cette sculpture en bois (Thìlbuù kõtína) mesure 64 cm de hauteur.
Elle a été collectée dans la région de Kampti au Burkina Faso.
Femme Lobi avec trois scarifications en éventail aux coins des yeux. Cette statue en bois (Thìlbuù kõtína), avec patine sacrificielle, mesure 85 cm de hauteur. Elle provient d'Ilitiera proche de Kampti au Burkina Faso.