Chez les Lobi, tuer était un acte de grand courage et ceux qui le faisaient, étaient très estimés et admirés par tous. Pour se venger il pouvait tuer indifféremment un homme, une femme ou un enfant de la famille de son ennemi. L'honneur était le même.

Témoignage Léon CHARLES dans Revue des études ethnographiques et sociologiques. 1908-1909 (page 203). « Jamais en effet les Lobi et Bérifon ne se défont ni de l'arc ni des flèches. Il en résulte que, chez ces derniers, la criminalité est bien plus élevée que parmi les Dagari, qui, moins armés, sont aussi moins prompts au meurtre. A-t il une vengeance à exercer contre une famille ennemie, car il est extrêmement rancunier, il s'attaque de préférence à un enfant ou à une femme. Lorsque celle-ci ira chercher de l'eau à la rivière, le Lobi, embusqué derrière les grandes herbes, l'assassinera lâchement et s'enfuira. Il craint la mort pour lui, mais il a donne facilement aux autres. Tuer quelqu'un lui semble une gloire, aussi dès que les jeunes gens se sentent devenir forts, ils mettent un point d'honneur à prouver par un meurtre leur virilité.» Léon Charles dans la Revue des études ethnographiques et sociologiques 1908-1909 sur ce thème décrit page 210 une affaire commencée en 1904, toujours en cours en 1906. « Un homme du village de Gamba prit un jour une biche blessée mortellement par un chasseur du village de Dapko. Ce dernier, ayant réclamé vainement son bien, s'empara pour se dédommager d'un bœuf appartenant aux parents du voleur. L' affaire n'en resta pas là. Les gens de Gamba, ainsi spoliés, allèrent bientôt capturer à Dapko une femme de cette localité. Mais les habitants résistèrent et un combat s'ensuivit. Les villages environnants firent alors cause commune avec l'un ou l'autre des antagonistes, les deux clans prirent les armes et cette lutte de partisans dura plus de vingt mois. Elle ne cessa que sur l'intervention énergique du commandant du cercle, sans que la paix fût cependant établie d'une façon définitive. Tel est l'état anarchique du peuple Lobi. »

En 1920 Henri LABOURET, Gouverneur du Cercle du Lobi en poste à Gaoua, mena une répression sévère contre les Lobi en leur interdisant de circuler avec leurs armes. Plus de 3 millions de flèches furent confisquées.

Statue de guerrier Lobi tête tournée à gauche
Lobi homme guerrier. Cette sculpture en bois très ancienne mesure 72 cm de hauteur. Elle provient du village de Dounkomina dans la région de Gbomgblora.

Commentaire Binaté Kambou: « Avant la colonisation, nous les Lobi on se fléchait. Si tu dois aller pour attaquer quelqu'un, tu caches un peu l'arc sous l'aisselle gauche si tu es droitier. Si tu es gaucher tu le mets sous l'aisselle droite. La grande statuette qui a carquois et arc, c'est pour la guerre. Ceux qui vont pour faire la guerre, ils mettent le carquois en dessous sous l'épaule, pour un peu caché ça, arrivés au village ils enlèvent ça et mettent leurs flèches. Pour un vieux qui est mort et qui a fait la guerre, et tué quelqu'un, on fait sortir la statuette de guerre pour les funérailles. »

Statue de guerrier Lobi tếte tounée à gauche
Lobi homme guerrier. Coiffure Yuú-burkúré. Cette statue en bois avec patine sacrificielle mesure 45 cm de hauteur. Elle a été collectée dans la région de Gbomblora au Burkina Faso.
Statue de guerrier Lobi flèchage à droite
Lobi homme guerrier fléchage à droite. Coiffure Yuú-burkúré. Cette statue en bois avec patine sacrificielle mesure 45 cm de hauteur. Elle a été collectée dans la région de Gbomblora au Burkina Faso.
Statue de guerrier Lobi flèchage à droite
Lobi homme guerrier flèchage à droite.Cette statue en bois avec patine sacrificielle mesure 67 cm de hauteur. Elle a été collectée dans la région de Gbomblora au Burkina Faso.
Statue de guerrier Lobi flèchage à gauche
Lobi homme guerrier fléchage à gauche. Coiffure Yuú-burkúré. Cette statue en bois avec patine sacrificielle mesure 45 cm de hauteur. Elle a été collectée dans la région de Gbomblora au Burkina Faso.

Témoignage Binaté Kambou : « Chez les Lobi les guerriers flèchent à gauche, s'ils veulent tuer leurs ennemis. Le fléchage vers la gauche est très dangereux en cas de guerre, car il est très difficile de l'éviter. »

Statue de guerrier Lobi portant une tête coupée sur la sienne
Cette sculpture en bois, un guerrier Lobi portant une tête coupée sur sa tête, mesure 93 cm de hauteur. Elle a été collectée dans la région de Gbomblora au Burkina Faso.

Témoignage de Binaté Kambou : « Il s'agit d'une statue de Bravoure, qui a participé à de nombreuses funérailles Lobi. Lorsqu'un Lobi partait en guerre contre un autre clan, très souvent à cause d'un problème de femme, s'il voulait vraiment faire mal, il coupait la tête de son ennemi, et la portait ainsi pour montrer sa bravoure à tout le village. Bien avant ça, l'ancien mari et ses frères sont allés voir le féticheur, pour la tête de son ennemi. S'ils gagnent la guerre, le féticheur peut s'attendre à un bœuf et beaucoup de poules en paiement. Lorsqu'il a gagné, le vainqueur peut lui couper la tête s'il est très fâché et veux lui faire mal, et retourner dans son village, avec la tête de son ennemi sur la sienne, pour prouver sa bravoure. »